Tendances, tendances… Difficile de prédire l’avenir des technologies. Elles évoluent rarement comme on le prévoit, mais cet exercice est toujours propice à quelques réflexions et je vous invite contribuer avec vos propres prédictions dans les commentaires !

Tendance 1 : ils seront vos amis

L’année 2017 était l’année du buzz et des premières expérimentations. Les startups se sont créées, les entreprises ont lancé les premières expérimentations. Le retour d’expérience est assez extraordinaire. Contrairement à l’idée reçue selon laquelle les consommateurs seraient rétifs à discuter avec un robot, la plupart des expériences menées ont été positives. La culture du jeu vidéo, où il n’est pas rare de parler avec des PNJ (personnage non joueur), a eu son effet. Les freins psychologiques n’existent guère, surtout si le robot réussit sa mission.

Tendance 2 : ils vont penser

La plupart des chatbots sont dépourvus d’intelligence artificielle (I.A). Leur fonctionnement repose sur un filtrage de mots-clés, avec pour certains des algorithmes d’agrégation de mots-clés contextuels, d’où parfois, l’impression de parler à un… robot vintage ! L’intégration des techniques d’intelligence artificielle permet d’analyser avec plus de pertinence les demandes utilisateurs et d’y répondre plus précisément. Le pendant, c’est qu’un chatbot doté d’intelligence artificielle peut s’avérer difficile à mettre au point, car en lui demandant de traiter des situations complexes, on joue sur sa capacité à s’adapter à son milieu et on attend plus de lui. Les temps de développement en sont donc allongés. La bonne nouvelle, c’est que nombreuses technologies d’I.A sont désormais accessibles pour les créateurs de chatbots, comme le machine learning ou le traitement sémantique du contenu. L’I.A en 2018 va faire faire un bond de pertinence aux chatbots.

 Tendance 3 : ils seront cliquables

A-t-on toujours besoin du chatbot le plus intelligent de la Terre ? Non, et c’est la raison pour laquelle Facebook a développé pour Messenger tout un ensemble d’éléments d’interface : boutons, carroussel cliquable… appelé Messenger Platform Design Kit (http://facebook.design/messengerkit). La démarche consiste à utiliser Messenger comme une sorte d’App mobile configurable, diffusant des services interactifs. On peut ainsi imaginer des dispositifs ne nécessitant pratiquement aucune saisie de l’utilisateur (à part ses coordonnées, et encore).

 

Tendance 4 : ils vont parler

L’émergence des assistants vocaux est une piste à ne pas perdre de vue. Il faudra toutefois que ces Hey Google, Alexa, et autres spécimens se diffusent plus largement auprès du grand public, et que la façon dont ils enregistrent en continu les sons de notre espace domestique soit en correspondance avec la loi européenne sur la protection des données (le GDPR entre en vigueur le 25 mai 2018).

Tendance 5 : ils joueront avec vous

Quand on pense à ces petits assistants, on pense trop souvent aux usages évidents : assistance SAV, réservation, hotline diverse… Les chatbots seront sans doute utilisés dans des contextes plus amusants : on a un exemple de jeu de rôle tout à fait complet avec ce chatbot messenger (https://www.messenger.com/t/zorglub.the.great) ou ce chatbot quiz que j’ai réalisé sur la biographie d’E. Macron (https://m.me/quizMacron). La scénarisation nécessaire à tout chatbot devient ici cruciale.

Tendance 6 : ils seront partout

Ils conquièrent leur lettre de noblesse depuis les messageries les plus célèbres (Messenger, Whatsapp, Slack, Kik,…) mais le chatbot va quitter cet écosystème pour s’installer directement dans les sites web et au sein de toute App. Facebook donne désormais la possibilité d’intégrer Messenger au sein d’un site Web. Pratique, mais quelle entreprise sérieuse a envie de laisser à Facebook le soin de gérer ses données ? En e-commerce, comme sur Intranet, le chatbot sera une excroissance du système d’information de l’entreprise, et non un cheval de Troie pour Facebook. Les chatbots seront donc développés in situ, pour répondre à ses besoins industriels et massifs.

Alors ? Quelle est votre vision pour 2018 ?